PROPRIÉTAIRE

Département Martinique

CRÉATION

17ème siècle

COMMUNE

Trois-Îlets

 

ON Y VA POUR...

L’Histoire

 

Ici vécut l’Impératrice Joséphine, épouse bien-aimée de Napoléon 1er, profession Empereur-Conquérant, qui la fit reine d’Italie, puis la répudia faute d’héritier.

 

 

Sur la carte de la Martinique, la commune des Trois-Îlets est une étape incontournable sur un itinéraire de découverte de l’île. Cette petite commune du sud est un véritable concentré de sites d’intérêt. Il y a les plages bien sûr, mais aussi le golf, la Maison de la Canne, La Poterie, la Savane des Esclaves, la mangrove, la forêt domaniale, la petite église et ... le Domaine de la Pagerie.

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On aurait pu rebaptiser l’endroit le Domaine de l’Impératrice.

C'est sur cette ancienne habitation sucrière que naît en 1763 la petite
Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie, surnommée Yéyette,
enfant promise à un destin hors du commun.

 

 
La visite démarre sous le grand carbet bâti à l’emplacement du moulin à bêtes où l’on broyait la canne à sucre.

La visite démarre sous le grand carbet bâti à l’emplacement du moulin à bêtes où l’on broyait la canne à sucre.

 

 

QUOI VOIR AU DOMAINE DE LA PAGERIE

La Pagerie aujourd’hui, c’est un tout petit musée en bordure d’un grand jardin avec les vestiges d’une sucrerie en contrebas. On vient ici pour voir des reliques de la vie de Joséphine de Beauharnais : de la vaisselle, des effets de toilette, des portraits, des lettres de Napoléon, et surtout son lit de jeune fille en bois de courbaril (ou jatoba). On peut aussi y voir des chaînes d’esclave, une rareté. Très peu d'habitations évoquent le souvenir de l'esclavage.

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Le musée est installé dans l’ancienne cuisine, une maisonnette en pierres, sur un site joliment entretenu bien que marqué par le temps : la maison est détruite par un ouragan en 1766. Joséphine et sa famille emménagent à l’étage de la sucrerie, au milieu des vapeurs suffocantes des chaudières et à proximité des esclaves. Pas très classe pour la société béké de l’époque qui regarde les Tascher de travers. 

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La visite est guidée et les photos à l’intérieur du musée sont interdites.

Ici, pas de programme audio-guidé dans un dédale de machines, pas de boutique de souvenirs ni de dégustation de rhum. Alors, à moins d’être passionné d’histoire, l’endroit pourrait bien vous laisser un arrière-goût de « tout ça pour ça », même si la visite ne coûte que 5€ pour les adultes.

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L’HISTOIRE : RÉHABILITER UN SOUVENIR INFAMANT 

Le Domaine de La Pagerie s’appelle d’abord l'habitation Petite Guinée — charmante évocation du Commerce Triangulaire. Fondée au 17ème siècle par les grands-parents maternels de Joséphine, c’est une des plus grosses habitations de la Martinique qui couvrira jusqu’à 500 hectares — l’actuel golf des Trois-Ilets y était rattaché.

On y produit du coton, du café, de l’indigo, du manioc, du cacao et surtout du sucre, à grand renfort d'esclaves — on en recensera jusqu’à 300. 

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À 16 ans, Joséphine part pour la France pour épouser le vicomte de Beauharnais qui périra guillotiné pendant la Terreur en 1794. Emprisonnée, elle échappe au sort de son mari dont elle était pourtant séparée depuis longtemps.

En 1796, c’est une veuve de 31 ans qui épouse le Général Napoléon Bonaparte, et accède au rang d’impératrice en 1804.

Au 19ème, comme beaucoup d’habitations sucrières, La Pagerie périclite et le domaine est morcelé au fil des propriétaires.

En 1944, Robert Rose-Rosette achète une parcelle de 43 hectares pour y habiter et en faire un musée consacré à Joséphine. C’est un précurseur. À une époque où on s’évertue à oublier tout ce qui est évocateur de l'esclavage — trop douloureux — il comprend l'intérêt historique du site. Le Domaine de Pagerie est la toute première habitation sucrière à vocation touristique en Martinique, et très probablement de la Caraïbe.

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CONTROVERSE

En Martinique, pour avoir été une figure de l’Histoire de France, le personnage de l’impératrice fait l’objet d’une certaine fierté. Mais pour beaucoup, c’est à cause de Joséphine que Bonaparte abroge en 1802 l'abolition de l'esclavage votée 8 ans plus tôt. Pour nombre d’historiens, c’est lui attribuer un pouvoir qu’elle n’a jamais eu. 

La statue en marbre érigée à sa mémoire sur la Place de la Savane à Fort-de-France a été plus d’une fois décapitée. Ainsi, on lui fera revivre de manière posthume un sort auquel elle avait échappé sous la Terreur. Lassée, la municipalité a renoncé à réparer l’outrage : de Joséphine, il ne reste plus qu’une silhouette sans tête en robe ligne empire. 


Le carbet à l’entrée du site.

Le carbet à l’entrée du site.


BON À SAVOIR

  • Le domaine de La Pagerie a reçu le label 'Maison des Illustres' attribué par le Ministère de la Culture. Deux autres sites de la Martinique ont le même label : le bureau d’Aimé Césaire et l’Habitation Clément.

  • Joséphine est baptisée à l'Église Notre Dame de la Bonne Délivrance au bourg des Trois-Îlets où on peut encore voir la tombe de Rose-Claire Vergers de Sanois, sa mère.

  • Le couvent des Dames de la Providence où Rose a été scolarisée pendant 4 ans avec sa sœur Catherine Désirée se trouvait non loin de l’ancien Palais de Justice de Fort-de-France.

  • D’après la légende, Euphémie David, une quimboiseuse (sorcière et guérisseuse), aurait prédit à Marie-Josèphe-Rose lorsqu’elle était enfant, qu'elle deviendrait un jour "plus que reine". 

 

POUR Y ALLER

Horaires : 

  • Mardi au vendredi de 9h à 16h30.

  • Samedi et dimanche de 9h30 à 13h

 

LES CONTACTER

Téléphone : +596 596 68 38 34